Ai is the word for Love

Ai en Chinois signifie Amour.

Ai Weiwei raconte son histoire d’amour et de haine avec la Chine dans une exposition impressionnante appelée Libero, au Palazzo Strozzi à Florence. Pour l’occasion il a recouvert toute la façade du piano nobile avec des canots de sauvetage rouges en caoutchouc. Les bateaux semi-rigides accrochés l’un à côté de l’autre sur la façade imposante de ce palais de la Renaissance, créent une vision complètement surréaliste, décalée et folle.

Le palais Strozzi est-il une île d’art contemporain dans ce centre de la Renaissance Italienne ? On pourrait en rire si ce n’était pas une référence directe aux réfugiés et immigrés qui traversent la Méditerranée sur des embarcations parfois très précaires et dangereuses, dans l’espoir de retrouver la paix et un meilleur avenir en Europe. Je pense aux réfugiés Syriens dont l’accueil a soulevé tant de débats et je pense aux immigrés clandestins venus d’Afrique qui laissent leurs vies sur les plages de Lampedusa (sur ce sujet je vous conseille le film Terraferma d’Emanuele Crialese, déchirant).

palazzo-strozzi-mostra

J’ai compris avant même de rentrer dans l’expo qu’Ai Weiwei avait envahi le Palazzo Strozzi d’œuvres dénonciatrices et très courageuses.

Ses œuvres dérangent. Il dénonce les autorités Chinoises qui ont persécuté et exilé sa famille, à l’époque de la révolution culturelle et qui en 2011 ont demandé l’arrestation et la détention de l’artiste pendant 80 jours. Ces mêmes autorités qui ont encouragé Ai Weiwei à construire son atelier dans un des nouveaux quartiers arty de Shanghai pour ensuite, une fois l’atelier fini, le détruire. Avec beaucoup de cynisme et courage, Ai Weiwei a organisé une party pour fêter l’inauguration de son nouvel atelier mais aussi … sa destruction ! Les autorités l’ont empêché de participer à cette soirée mais celle-ci a bien eu lieu – avec près de 750 convives.

Voici une photo de l’œuvre Souvenir from Shanghai où l’on peut voir des morceaux récupérés de l’atelier détruit le 11 Janvier 2011. Ai Weiwei les a utilisé pour encadrer ou plutôt enfermer un cadre de lit en bois de la dynastie Qing. Il suggère ainsi un noble passé enterré par un présent rigide et hermétique. Le studio de Shanghai n’est plus que du passé.

souvenir-from-shanghai

Une de mes œuvres préférées de l’exposition est celle du tout début, Forever, une installation in situ formée de 950 vélos (!!!) empilés en long et en large dans un labyrinthe envahissant qui dégage une forte odeur de caoutchouc. There are 9 million bicycles in Beijing; that’s a fact; it’s a fact we can’t deny.

aiforever

Dans un autre registre j’ai beaucoup aimé la série de trois photos Dropping a Han Dynasty Urn construites en Lego. Ai Weiwei a realisé cette performance en 1995. Cela a fait scandale car le vase qu’il casse a 2000 ans et même si les céramiques de la dynastie Han ne sont pas très « valeureuses» sur le marché de l’art, elles ont au moins le mérite d’avoir survécu tout ce temps. En cassant son vase Han sans la moindre émotion, Ai remet en question la valeur que l’on accorde à l’héritage culturel Chinois et rappelle, par cet acte, les destructions faites pendant la révolution culturelle.

Ou comment la destruction peut être un acte créateur.

han

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